Saint Dizier l'Evêque
Saint Dizier l'Evêque

Paroisse catholique

 

L’histoire de la paroisse catholique du village de Saint-Dizier-l’Evêque est liée à la présence de la plus ancienne église de la région, administrée avant 1791 par l’abbaye de Murbach (près de Guebwiller) et son abbaye filiale de Lure, et aux anciens pèlerinages pour les malades mentaux.

Un dépliant de quelques pages illustrées est mis à la disposition des visiteurs de cette église. Son texte, qui est reproduit en grande partie ci-après, apporte tous les détails sur l'histoire de cet édifice vénérable, consacré en 1041, à l'emplacement d'une chapelle ou d'un oratoire qui datait du VII°siècle et était consacré à Saint-Martin de Tours.

 

 

A gauche, une vue de l'allée d'accès au portail principal de l'église catholique du village, en hiver sous la neige. A droite une vue extérieure de l'abside, avec sur la gauche une absidiole inutilisée qui ne comporte aucun accès car elle est murée aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Elle devait avoir une relation avec un édifice plus ancien que l'abside actuelle.

 

 

Nous évoquerons successivement :

 

  • l'histoire religieuse
  • l'église de Saint-Dizier
  • les anciens pèlerinages à Saint-Dizier

 

 

Histoire religieuse

Gravure ancienne extraite d’un recueil de lithographies, daté de 1829, représentant les sites remarquables du "Haut-Rhin", département qui comprenait à l'époque "l'arrondissement de Belfort" devenu "Territoire" et demeuré français en 1871. Une erreur typographique a été commise en 1829: "St-Dixier" au lieu de "St-Dizier".

Photographie du même site prise en 1996. On remarque que, la hauteur du clocher exceptée, l’église a très peu changé depuis 1829. Cependant on peut voir sur la photo que le portail actuel comporte un tympan avec une ouverture trilobée, aménagée en 1875 lors de la surélévation du clocher. A la même date, le sol de l’allée du cimetière aboutissant à l’église a été abaissé de manière à supprimer un escalier de plusieurs marches qui descendaient autrefois au niveau de la nef.

Le culte de Saint-Dizier aurait commencé peu après sa mort à la fin du VII° siècle. Le corps de l’Evêque fut exhumé à l’époque des invasions hongroises au X° siècle avec une répartition des reliques entre les églises qui relevaient comme la nôtre de l’Abbaye de Murbach, notamment, en Suisse actuelle, à l'abbaye de Moutier-Grandval (qui a disparu au XVI° siècle lors de la Réforme), et à la collégiale St-Pierre de Lucerne. Une châsse précieuse qui contenait des bas et une sandale de Dizier avait été déposée notamment au monastère de Moutier-Granval, mais cette région étant passée entièrement au protestantisme, ces reliques furent recueillies par une paroisse restée de confession catholique à Delémont. On peut voir aujourd’hui cette châsse précieuse au Musée jurassien de Delémont (capitale du canton suisse du Jura). Une photographie des reliques qu'elle contient figure ci-dessous.

Bas de Saint Dizier.
 (dans la châsse du musée de Delémont)

Sandale de l'évêque.
 (également au musée de Delémont)

A l’église de Saint-Dizier, on peut encore admirer deux reliquaires en bois doré restaurés au XVIII° siècle contenant deux os de jambe gauche, authentifiés par des inscriptions "St-Desiderius". Dans un cadre vitré est exposé au même emplacement un fragment de tissu prélevé en 1883 sur un bas de Dizier avec une attestation signée et scellée par le curé de Delémont.

 

Ces reliques ont été exposées, notamment au musée jurassien de Delémont, dans le cadre de quatre expositions "proDeo" relatives à la vie religieuse et aux saints vénérés dans l'ancien "Evêché de Bâle" du 08 avril au 08 novembre 2006 à Basel (Bâle), Biel (Bienne), Delémont (Delsberg) et Porrentruy (Pruntrut).

Bénédiction après la recharge de bronze pratiquée sur les deux cloches (datant du XVIII° siècle) le 19 septembre 1993.

 La plus petite cloche pèse environ 600 kgs et sonne le sol dièse.

La plus grosse pèse environ 900 kgs et sonne le fa dièse.

Les deux cloches de l’église datent de 1767 et 1772. Elles ont été classées à "l’inventaire des objets mobiliers historiques" le 11 octobre 1942 par le Secrétaire d'Etat à l'Education Nationale (du Gouvernement de l'époque de "l'Etat français" à Vichy) afin d’éviter leur fonte pour récupération du bronze par les autorités d’occupation allemandes. En 1993 elles ont été descendues du clocher pour être rechargées d’airain aux endroits usés par les deux battants depuis plus de deux siècles. Les habitants avaient demandé la surélévation du clocher d’un étage en 1873 car ils se plaignaient de ne pas bien entendre les sonneries de "l’angelus" du matin, de midi et du soir.

Il s’agissait en effet à cette époque de repères indispensables pour les heures des travaux quotidiens aux carrières et dans les champs car les montres, portées au bout d'une chaîne et glissées dans un gousset de la veste, étaient encore des objets de luxe que les travailleurs manuels ne possédaient que rarement et ne portaient pas sur eux dans leur travail.

 

Les deux cloches de l’église datent de 1767 et 1772. Elles ont été classées à "l’inventaire des objets mobiliers historiques" le 11 octobre 1942 par le Secrétaire d'Etat à l'Education Nationale (du Gouvernement de l'époque de "l'Etat français" à Vichy) afin d’éviter leur fonte pour récupération du bronze par les autorités d’occupation allemandes. En 1993 elles ont été descendues du clocher pour être rechargées d’airain aux endroits usés par les deux battants depuis plus de deux siècles. Les habitants avaient demandé la surélévation du clocher d’un étage en 1873 car ils se plaignaient de ne pas bien entendre les sonneries de "l’angelus" du matin, de midi et du soir.

 

Il s’agissait en effet à cette époque de repères indispensables pour les heures des travaux quotidiens aux carrières et dans les champs car les montres, portées au bout d'une chaîne et glissées dans un gousset de la veste, étaient encore des objets de luxe que les travailleurs manuels ne possédaient que rarement et ne portaient pas sur eux dans leur travail.

Chapelle du Val (1860)

Vierge récente qui a remplacé la statue d'origine mise en sécurité à l'église dans une vitrine aménagée en 1995 (voir ci-après).

Messe traditionnelle du 15 août 2006 à la Chapelle, célébrée chaque année à cette même date de l'Assomption.

Nous connaissons les noms des curés de Saint-Dizier depuis le XIII° siècle avec quelques lacunes dans le déroulement du temps :

 

- Abbé GUILLAUME (1232) avec le vicaire JEAN (1233) ;

 

- Abbé EUDES (de Belfort) de 1297 à 1310 ;

 

- Abbé HANDMYNS (1343) avec le vicaire GUILLAUME de Bure (1342) ;

 

- Abbé ANDRE (de Granvillars) de 1346 à 1349 ;

 

- Abbé JEAN L'APOSTOILLE (1359) ;

 

- Abbé GRENAT (1491) ;

 

- Plusieurs curés successifs, de noms oubliés, en 1483, 1496, 1545 et 1553. C'est à cette époque, vers 1575, que la nef de l'église fut reconstruite en style gothique tardif, sans changer le plan général de l'édifice ;

 

- Abbé KINNI, de 1588 à 1610 ;

 

- nouveau curé, de nom oublié, en 1618 ;

 

- Abbé GUYERE (ou CUIERE ?) en 1621 ;

 

- Abbé GAINNERAT, de 1648 à 1651. C'est à cette époque, en 1648, que notre village fut rattaché au Royaume de FRANCE par les traités de Westphalie, avec tout le comté de Ferrette, remis en fief tout d'abord au Comte de LA SUZE puis, dix ans plus tard, en 1658, au Cardinal MAZARIN. Une cloche pesant 815 livres de l'époque fut installée dans le clocher en 1648, mais elle fut fendue et brisée en 1772. Son métal fut utilisé aussitôt, en partie, pour la fonte d'une nouvelle cloche de 900 kgs environ, nommée Catherine, qui est toujours en place.

 

- Abbé FUSIER de 1651 à 1656 ;

 

- Abbé PELETIER (ou PELOTIER ?), originaire de Porrentruy, de 1656 à 1675 ;

 

- Abbé GAYNON, de 1675 à 1700, avec le vicaire DOCOURT de 1687 à 1693 ;

 

- Abbé FLOTTAT (ou FLOSTAT ?) de 1700 à 1704;

 

- Abbé DE MOIGNOT (ou Claude MOIGNAT ) de 1704 à 1749. Il y a encore une grande pierre ronde à ses initiales "CM" datée de 1705 dans le sous-sol du presbytère. Il a eu plusieurs vicaires successifs : PETEY de 1739 à 1742, ROMER en 1742, BOURQUIN de 1742 à 1743, MEUSY de 1743 à 1745 et CHOFFAT de 1745 à 1749 ;

 

- Abbé SIBLOT de 1749 à 1785 avec les vicaires successifs: SIMON de 1749 à 1754, BURNOL de 1770 à 1773 et GIRAUDEAU de 1775 à 1778. C'est lui qui a béni les deux cloches actuelles de l'église en 1767 et 1772. Son monument funéraire se dresse toujours à la gauche du portail principal de l'église

 

- Abbé GIRAUDEAU (ancien vicaire déjà cité) de 1785 à 1810. Son comportement de "prêtre jureur" durant la Révolution de 1789 est évoqué ci-après, ainsi qu'au chapitre "Personnalités" du présent site.

 

L'importance de la paroisse, dont relevaient l'église de Bure (Suisse) jusqu'en 1698 et de Croix jusqu'en 1789, ainsi que les pèlerinages, justifiaient l'aide d'un ou deux vicaires. Jusqu'à la Révolution de 1789 les curés et prêtres desservants étaient nommés par les moines de l'abbaye de Murbach, ou de son abbaye filiale de Lure, selon un acte de donation établi en 1374 par Léopold d'Autriche comte de Ferrette et Landgraf d'Alsace. Les deux abbayes relevaient souvent du même "Abbé" mais celle de Lure présentait pour la paroisse de Saint-Dizier l'avantage de disposer d'un clergé de langue française alors que la langue allemande et le dialecte alsacien étaient utilisés à Murbach.

 

Les derniers curés ainsi désignés par les abbés de Murbach et Lure furent l'abbé Siblot de 1749 à 1785 puis son neveu et ancien vicaire, l'abbé Giraudeau, qui était en fonction au moment de la Révolution, prêta le serment à la "Constitution civile du clergé" et s'inscrivit au club des Jacobins de Delle et à celui de Belfort. Il devenait ainsi un "prêtre jureur" et se séparait de l'obédience du Pape Pie VI, qui n'avait pas reconnu cette "constitution civile" adoptée par l'Assemblée législative de Paris en juillet 1790 et créant un diocèse par département, avec un évêque (élu!) résidant à Colmar pour le Haut-Rhin.

 

Après le Concordat de 1801 entre le Pape Pie VII et le Premier Consul Bonaparte, qui rétablissait notamment l'unité de l'église en France, l'abbé Giraudeau se rétracta de son serment civique et fut admis par les autorités religieuses du diocèse de Strasbourg à reprendre son sacerdoce jusqu'à sa mort en 1810, sous le règne de Bonaparte, devenu l'empereur Napoléon 1er. L'éphémère "diocèse départemental de Colmar" avait été supprimé par le Concordat mais les limites des nouveaux diocèses "concordataires" subsistèrent fréquemment, en reprenant simplement le siège des anciennes cathédrales.

 

Les curés furent ensuite nommés selon les règles concordataires par l'archevêque de Strasbourg jusqu'en 1871 :

 

- Abbé JUSTER , de 1810 à 1829. ce prêtre avait refusé de prêter le serment civique et, émigré pendant la période de la Révolution, il avait servi dans "l'armée de Condé" contre les armées de la République. Sa pierre tombale avec une inscription en français est visible dans la nef de droite de l'église, à demi cachée par un harmonium. Il avait comme vicaire l'Abbé SONGEON.

 

- Abbé COURAUD (ou COURAND), de 1829 à 1847, qui était originaire de Lachapelle-sous-Rougemont.

 

- Abbé MARION, de 1847 à 1854. Ce prêtre ne crut pas devoir s'opposer pas à la fin des pèlerinages des malades mentaux lors de la plainte du Docteur Muston , praticien de Beaucourt qui jugeait qu'il s'agissait d'une simple superstition. L'abbé Marion fit alors installer le tombeau de Saint-Dizier (dit "Pierre des fous) dans la sacristie où on peut le voir actuellement, lors de travaux de restauration de l'église en 1854.

 

- Abbé VILLEMIN, de 1854 à 1871 qui souhaita rester dans une paroisse du diocèse de Strasbourg lors de l'annexion de l'Alsace par les Prussiens et fut nommé curé de Montreux-Jeune , village dont les habitants n'avaient jamais parlé le dialecte germanique alsacien mais qui n'en devint pas moins "Jungmünsterhol" de 1871 à 1919 et de nouveau de 1940 à 1944.

Extrait du Missel romain (en latin) de l’église du village, daté de 1866, avec les messes propres au diocèse de Strasbourg, dont la paroisse de Saint-Dizier faisait partie avant 1871 et l’annexion de l’Alsace par l’empire allemand.
 A la date du 3 octobre de chaque année, une messe était prévue à la mémoire des martyrs «SS. DESIDERII ET RENOFRIDI» (Saints Dizier et Reinfroid).

- Abbé DONZE, de 1871 à 1879. C'est sous son ministère que le clocher fut rehaussé d'un étage en 1875, et que la paroisse fut rattachée à l'archevêché de Besançon, la plus grande partie du diocèse de Strasbourg étant passée dans le domaine allemand après la guerre de 1870-1871.

 

- Abbé FAIVRE, de 1879 à 1908. Il était le petit-neveu de l'abbé JUSTER cité ci-dessus. C'est sous son ministère que fut aménagée la crypte sous le choeur afin de mettre en valeur et exposer à la vue des fidèles le sarcophage de l'évêque Dizier. C'est lui, et son successeur, qui étaient en fonction au moment des inventaires des biens de la "Fabrique" et de la confiscation de ses "fondations" par le percepteur de Delle, en application de la loi de séparation des églises et de l'Etat de 1905.

 

- Abbé GALLAND, de 1908 à 1912 , prêtre très actif qui devint ensuite curé de Grandvillars puis vicaire général de l'archevêque de Besançon. Il eut à signer le bail de location des locaux du presbytère, devenu propriété communale, non sans protester car le tarif fixé était supérieur à celui adopté dans les communes voisines. C'est également lui qui régla le problème de l'électrification de l'église en liaison avec les deux communes de la paroisse, désormais propriétaires en indivision de cet édifice du culte.

 

- Abbé ROY, de 1912 à 1937. Il était né à Lebetain en 1858 et avait été baptisé à l'église de Saint-Dizier dont il devint le curé en 1912. C'est sous son ministère que fut érigé et inauguré le 26 septembre 1920, dans le cimetière, en accord avec les maires des deux villages, le monument "aux soldats morts pour la France", qui regroupe les noms des victimes des deux communes de Saint-Dizier et Lebetain constituant alors une seule paroisse catholique. Le 20 septembre 1932, son "jubilé sacerdotal" fut célébré dans tout le village par une procession entre des guirlandes fleuries. Un "reposoir" avait été aménagé au calvaire situé à la sortie du village sur la route de Croix. La cérémonie fut malheureusement interrompue par un ouragan qui emporta toutes les guirlandes et renversa l'échafaudage du reposoir et la croix du calvaire...

 

- Abbé MARTIN, de 1937 à 1975. Il avait assuré en plus de ses fonctions sacerdotales, pendant plusieurs années, la tâche de secrétaire de mairie. Son action pendant l'occupation allemande pour aider, secourir et faciliter le passage en Suisse de réfugiés, notamment de religion israélite, lui avait valu la croix de chevalier de l'Ordre national du Mérite en 1972.

Pendant la période douloureuse de l’occupation allemande de 1940 à 1944, l'abbé Martin avait eu une action particulièrement méritoire en facilitant le passage en Suisse de très nombreux résistants, réfugiés, juifs et réfractaires au service du travail obligatoire en Allemagne.

Son action a été celle d’un patriote au service de ses frères, au service de la France, qui a été reconnue par la Croix de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite, dont l’insigne lui a été remis solennellement devant son église le 16 avril 1972 par Monsieur Bailly, Secrétaire d’Etat.

Les trois photos ci-dessus sont celles de cette remise de décoration devant l'église ainsi que le portrait de l'Abbé Martin avec sa médaille de l'Ordre du Mérite.

- Abbé ROSSETTI, de 1975 à 1990. Ce fut le dernier curé désigné, en titre, pour la paroisse de Saint-Dizier, qui est rattachée désormais à un ensemble de paroisses relevant du nouveau diocèse créé en 1979 à Belfort-Montbéliard et qui regroupe Croix, Delle, Lebetain, Saint-Dizier, et Villars-le-Sec.

 

Il n'y a plus actuellement, en moyenne, qu'un office religieux par mois à l'église de notre village, alors qu'en décembre 1946, l'archevêque de Besançon avait autorisé le curé à célébrer une messe basse avant la "grand-messe" chantée, le matin de chaque dimanche, ainsi que le matin de chaque "fête d'obligation", de manière à permettre "aux personnes chargées d'assurer la garde du foyer" d'assister à un office...

 

Avant la séparation des églises et de l'Etat, un "Conseil de Fabrique" administrait les biens de la paroisse. Le compte des recettes et des dépenses de la "Fabrique" faisait souvent ressortir en fin d'année une insuffisance des recettes (produit des quêtes et des troncs, "casuel" des honoraires de messes, rentes de titres constituant des fondations léguées par des fidèles pour célébrer des messes à la mémoire de leurs proches, dons divers...etc...) par rapport aux dépenses des frais du culte. Le déficit était équilibré chaque année par une participation demandée au budget de chacune des deux communes constituant la paroisse à raison de deux tiers pour Saint-Dizier et un tiers pour Lebetain. Lors de la séparation des églises et de l'Etat en 1905/1906 (application de la loi du 9 décembre 1905 et du décret du 6 mars 1906) les titres de rentes furent saisis au presbytère du village par le percepteur de Delle représentant l'administration fiscale. Les héritiers identifiables des auteurs des fondations reçurent quelques années plus tard ,en 1910, le montant des capitaux correspondants, mais en l'absence d'héritiers, les capitaux furent confisqués par l'Etat (au total 112 francs-or de rente, ce qui représenterait aujourd'hui une valeur d'environ 397,00 euros, soit, à un taux de 5%, un capital de 2240,00 francs-or équivalent à un pouvoir d'achat de 7.300,00 euros environ).

 

Jusqu'en 1975 (année du décès de l'abbé Eugène Martin) le prêtre célébrant invitait les fidèles, le dimanche au "prône" de la "grand-messe", à "prier pour les auteurs des fondations confisquées". Les plus anciennes de ces "fondations" dataient de 1845 et 1860. Cette confiscation, qualifiée de "vol" au registre paroissial, accompagnée de "l'inventaire" des biens de la paroisse et des objets du culte, avait été très mal vécue par les fidèles durant la période qui avait immédiatement suivi l'application de la "séparation"....

 

Le dimanche des "Rameaux" du 9 avril 2006 a rassemblé à l'église du village 130 personnes de 13 à 25 ans pour la "journée de la jeunesse" organisée par le diocèse de Belfort, avec une vingtaine de jeunes allemands de Ludwigsburg et Hüchelhoven. Les divers mouvements de la jeunesse catholique de la région participaient à cette réunion.

Photo de gauche : illumination nocturne réalisée en 1993, mettant en valeur l'église par des projecteurs de deux couleurs claires.

Photo de droite : croix monolithique du jubilé de 1826, au centre du village, contre le bâtiment communal ancien, récemment restauré, où viennent d'être aménagés (juillet 2005) les nouveaux bureaux de la Mairie.

 

 

L'église de Saint-Dizier-l'Evêque est l'une des plus anciennes de la région. A son emplacement existait déjà au VII° siècle une chapelle ou un oratoire dédié à St-Martin de Tours lors du passage d'un évêque nommé Desiderius, de son diacre Regnifridum et de leur serviteur Willibert. L'évêque (venant du diocèse de Rennes ou de Rodez ?) avait été chargé à Rome par le Pape de lutter contre l'hérésie arienne des populations du Pays de Bade actuel. L'évêque Desiderius, assisté de son diacre, célébra la messe dans cet oratoire entre 675 et 709. Les dates sont imprécises mais les faits sont historiques. Des voleurs avaient vu les vases précieux utilisés pour la messe et assassinèrent l'évêque et son diacre, prés de l'actuel village de Croix, pour leur dérober ces objets de valeur. Le serviteur Willibert fut blessé à la tête et Desiderius aurait eu le temps avant de mourir de le guérir de sa blessure en le chargeant de le faire inhumer ainsi que son diacre dans la chapelle où il avait célébré la messe.

 

Cette chapelle prit le nom des deux martyrs, qui furent bientôt canonisés et dont les noms latins devinrent en français Dizier et Reinfroid. Confiée à l'importante abbaye de Murbach (près de Guebviller en Alsace) la chapelle devint une église de style roman consacrée en 1041 par l'archevêque de Besançon Hugues de Salins. Le bâtiment avait les mêmes dimensions et le même plan que l'édifice actuel mais avec des murs plus élevés et un plafond de bois. Le monument actuellement appelé "Pierre des fous", qui est en réalité le tombeau de l'évêque, était placé dans le choeur de l'église à l'aplomb du sarcophage enfoui dans le sol et était plus long qu'aujourd'hui.

 

Cette église romane fut transformée au seizième siècle en reconstruisant les trois nefs en style gothique tardif avec des croisées d'ogives. Cependant les anciens murs de style roman n'ont pas entièrement disparu et on peut en voir la partie supérieure dans les combles de l'église avec le haut de leurs fenêtres à plein cintre devenues inutiles. La base du clocher est restée de style roman et le plan général de l'édifice est demeuré le même.

 

Au début du XVIII° siècle une toiture massive fut construite pour recouvrir ensemble les trois nefs, en masquant ainsi les petites fenêtres murées mais toujours visibles dans le haut de la nef centrale à droite en regardant le choeur.

 

Vers 1810, le curé GIRAUDEAU, trouvant le tombeau du Saint gênant dans le choeur pour les cérémonies, en fit scier les extrémités pour le raccourcir, surtout du coté le plus proche de la table de communion, et les fragments coupés, qui étaient sans doute sculptés avec des inscriptions et des motifs, n'ont malheureusement pas été sauvegardés.

 

 

En 1853, l'église menaçait de tomber en ruine car elle était à demi enfouie dans le sol du côté nord. Le mur du cimetière venait tourner jusque devant le portail et pour accéder à l'édifice il fallait descendre un escalier de quatorze marches qui était situé à l'emplacement actuel de la chaufferie. Les deux communes de la paroisse (Saint-Dizier et Lebetain) entreprirent des réparations. Tout l'intérieur de l'église fut restauré et le pavage du sol abaissé de soixante centimètres en supprimant ainsi malheureusement les cinq pierres tombales anciennes de prêtres, maires et personnalités inhumées dans le choeur depuis le seizième siècle. A la même époque, le mur du cimetière fut modifié et une allée en pente aménagée en supprimant l'ancien escalier d'accès afin de pouvoir accéder à la nef principale de plain-pied.

 

Pierres tombales anciennes qui ont disparu vers 1850, mais dont un dessin a été retrouvé dans une revue de 1826. Sur la première tombe à gauche, celle d'un maire du village décédé en 1562, on retrouve le dessin des mêmes outils que ceux sculptés sur le portail de l'ancienne "maison des dîmes" dont la photographie se trouve au chapitre "limite et administration".

 

A la même époque, en 1854, le tombeau du Saint dit "Pierre des fous" fut enlevé du choeur et placé dans la sacristie de gauche où on peut le voir actuellement. En 1875, le clocher a été surélevé d'un étage car les paroissiens se plaignaient de ne pas bien entendre les cloches...

 

En 1880, l'abbé FAIVRE, curé de la paroisse fit entreprendre des fouilles afin de dégager le sarcophage de l'évêque Dizier, déjà retrouvé dans le choeur de la nef centrale mais laissé dans le sol aux cours des travaux de 1853-1854. Il fit aménager une crypte afin de mettre en valeur la sépulture du saint. Le couvercle du sarcophage fut soulevé par quelques pierres et une vitrine installée avec une effigie en plâtre de l'évêque habillé de vêtements sacerdotaux. Lors de l'ouverture du cercueil de pierre on ne trouva qu'un fémur (os long de la cuisse gauche.) laissé en place depuis. On savait que les reliques du Saint avaient été dispersées au cours des siècles par les moines de Murbach dans toutes les églises ou monastères qui dépendaient d'eux, notamment à Bâle, Moutier-Grandval et Lucerne en Suisse actuelle. Le tombeau de l'église de Saint-Dizier n'est donc plus qu'un "cénotaphe" qui est signalé sous ce nom dans les guides touristiques.

Représentation du Saint (buste et mains en plâtre, vêtements et ornements sacerdotaux) dans son sarcophage de pierre retrouvé en 1853 et exposé depuis 1881 dans cette vitrine. Un fémur (os de la cuisse) se trouve dans le sarcophage sous la statue de platre.

Ci-contre, une vitrine a été créée en 1997 avec l'accord de "l'Architecte des Bâtiments de France" (service départemental de l'Architecture et du Patrimoine) dans l'encadrement de pierre d'une ancienne porte, qui était murée et noyée dans le plâtre, découverte à l'occasion d'un ravalement.

Des objets et souvenirs anciens y sont exposés, dont la statue ancienne de la chapelle du Val ainsi que deux reliquaires en bois doré contenant des reliques qui seraient des ossements d'une jambe de l'évêque Desiderius (Saint-Dizier).

Dans un cadre vitré, on peut également voir un fragment de bas prélevé en 1883 dans la châsse précieuse, déjà citée ci-dessus, qui est conservée actuellement au musée jurassien de la ville de Delémont (capitale de la "République et canton" du Jura suisse).

Dans le clocher, les deux cloches datent, l'une de 1767, l'autre de 1772. Elles ont été descendues de leur beffroi et restaurées en 1993 par une recharge de bronze aux endroits où les battants frappaient depuis plus de deux siècles. La pierre tombale de l'Abbé Siblot, curé de 1749 à 1785, qui avait béni ces cloches, est encore visible à gauche du portail de l'église avec une inscription en latin (à côté des tombes des deux officiers tués en novembre 1944 à la Libération).

 

La cloche de 1767, qui sonne le sol dièse et pèse environ 600 kgs, porte l'inscription suivante (orthographe originale respectée): "L'  AN  MDCCLXVII  LA BENEDICTION  DE  LA  CLOCHE  DE  LA  PAROISSE  DE  ST DIZIER  A  ETE  FAITE  PAR  MR  CLAU. ANT.  SIBLOT  CVRE  DUD.  LIEV .  ELLE  A  EVE  POUR  PARREIN  MR  IEAN  CLAUDE  GERARD  BAILLY  DES  VILLE  ET SEIGNEURIE  DE  DELLE  ET  POUR  MARREINE  MADLLE  MARIE   ELISABETH  GENEREUSE  TAICLET  FILLE  DE  MR  TAICLET  BAILLY  DU  DEPARTEMENT  DU  BAILLAGE  DE  DELLE . DUBOIS  FONDEUR".

 

La cloche de 1772, qui sonne le fa dièse et pèse environ 900 kgs, porte de son côté l'inscription suivante (orthographe originale respectée): " L'  AN  1772  I'AI  ETE  BENIE  PAR  MR  CLAUDE  ANTOINE  SIBLOT  CURE  DE  ST  DIZIER  ET  NOMMEE   CATHERINE  PAR  MR  MAURICE  TALLON  BRIGADIE  DE  LA  MARECHAUSSEE  GENERALE  D' ALESACE  EPOUX  DE  DAMME  CATHERINE  MARION  DE  ST  DIZIER  ET  PAR  DAMME  CATHERINE  BIDOT  EPOUZE  DE  MR  IOSEPH  FREDEE  MAYRE  D'ALBETIN .....F.  NAVOISET  MFDC  DE  ROBECOURT  EN  LO.".

 

Le métal de la plus grosse cloche provenait en partie d'une cloche plus ancienne datant de 1648, qui s'était fendue et brisée en septembre 1772, mais dont les inscriptions en latin avaient été relevées par le vicaire BURNOL : elle avait eu pour parrain Jean LAVARD dit LA JERRIERE, de La FLECHE en ANJOU et pour marraine Amélie PFYGERIE épouse du prévôt de Delle. On peut observer que cette année 1648 est celle du rattachement au royaume de France du comté alsacien de Ferrette (auquel appartenait notre village) par les traités de Westphalie, après la "guerre de Trente ans". Le mot "ALBETIN" est une déformation phonétique patoisante du nom du village de LEBETAIN et la graphie traditionnelle de certaines lettres latines est celle des anciennes inscriptions utilisées sur les monuments publics (V au lieu de U, et I au lieu de J...). Le sigle "MFDC" signifie "Maître Fondeur De Cloches".

 

A noter que "Robécourt en Lorraine" est de nos jours un petit village du département des Vosges, à une douzaine de kilomètres à l'ouest de Contrexéville, spécialisé autrefois dans la fonderie des cloches d'églises, où se trouve actuellement un musée de cette ancienne activité. Les fondeurs de cloches se rendaient sur place dans les paroisses pour travailler. Le bronze de "CATHERINE" provenait d'une cloche plus ancienne (datant de 1648), qui était fendue et brisée. Les fidèles qui assistaient au travail du fondeur jetaient fréquemment dans le bronze fondu, par piété, des médailles religieuses leur appartenant.

 

Le mobilier de l'église est du XIX° siècle, sauf la chaire à prêcher du XVIII° siècle ainsi que le grand Christ au dessus du choeur, oeuvres de l'atelier des sculpteurs GLORIEUX qui travaillaient à Delle à cette époque. Plusieurs pierres tombales ont disparu lors des travaux de 1854, mais des publications de l'époque en ont conservé la trace. L'installation d'une bouche de chaleur en 1993 a permis de découvrir sur le côté gauche de la nef principale la sépulture d'une femme (religieuse ou épouse d'un notable ?) qui n'a pas pu être datée et identifiée. Dans la nef de droite subsiste la pierre tombale de l'abbé JUSTER, curé de 1811 à 1829, avec une inscription en français.

 

Le 15 juin 1940, l'explosion de deux mines françaises destinées à pratiquer des coupures de routes dans le village, avait détruit une partie de l'abside du choeur et les deux vitraux qui avaient été offerts à la paroisse par l'Abbé FAIVRE, curé déjà cité, et installés en 1900. La restauration des "dommages de guerre" a permis de rendre au choeur son aspect d'origine en dégageant la fenêtre centrale qui avait été murée et cachée par la statue du Sacré-Coeur placée actuellement dans le baptistère. Les trois vitraux représentant, à gauche Saint-Martin partageant son manteau, en souvenir du premier patron de ce lieu de culte, à droite l'assassinat de l'évêque Dizier et au centre le Christ-Roi sont l'oeuvre du verrier d'art Jacques BONY en 1947.

Avant les destructions de juin 1940 par évènement de guerre, le choeur de l’église ne comportait que deux fenêtres avec vitraux et les murs étaient recouverts d’un badigeon bleu ciel avec des boiseries plus importantes qu’actuellement. Le tabernacle était d’une dimension en hauteur masquant l’emplacement de la fenêtre centrale, murée, avec au dessus la statue en plâtre du Sacré-Coeur placée aujourd’hui dans le local des fonts baptismaux.

La restauration des dommages de guerre en 1947 a permis de placer des vitraux aux trois fenêtres, qui sont l'oeuvre du vitrier d'Art Jacques Bony. La dimension du tabernacle a été réduite afin de dégager la fenêtre centrale dont l’encadrement de pierre avait subsisté dans l’épaisseur du mur.

L'église est inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 1926. Les cloches ont été classées en 1943 (afin d'éviter leur fonte pour récupération du bronze sous l'occupation allemande) ainsi que les reliquaires exposés dans l'ancienne sacristie.

Plusieurs calvaires de pierre ont été érigés à divers endroits dans le village. Ils correspondent pour la plupart à des périodes de retour à des périodes de paix : 1816 après les guerres de la Révolution et de l'Empire, 1826 à l'occasion d'un jubilé sous la Restauration, 1874 et 1876 après la guerre de 1870-1871 et l'annexion par les Prussiens d'une partie toute proche de l'Alsace, à laquelle la région de Delle a échappé. La croix la plus ancienne est celle la mission de 1786, que vous pouvez voir au chapitre "histoire", et qui est située au dessus du monument funéraire de l'Abbé Siblot curé de 1749 à 1785.

Croix près de la Chapelle votive de 1860, située au bord de la route allant de Lebetain à Villars-le-Sec.

Croix de 1874 élevée au lieu-dit "sous les chènes" après la guerre de 1870-1871. Elle est identique à celle de 1876 dont la photographie figure ci-contre.

Croix de 1876 élevée au bord de la route allant vers le village de Croix après la guerre de 1870-1871. Elle était utilisée comme base de "reposoirs" lors des processions.

Croix érigée en 1880
 dans le cimetière.

Croix de 1816,
 devant l'ancienne école libre.

Croix du jubilé de 1826,
 qui est taillée dans une seule pierre.

A gauche - Dessin de 1826 représentant l'intérieur de l'église, où on peut voir au milieu du choeur, c'est à dire à l'aplomb du sarcophage qui était alors enfoui dans le sol, le tombeau de St-Dizier dit "Pierre des fous". Ce monument a été placé dans la sacristie de gauche en 1853 après la fin des pèlerinages. Ce tombeau, ainsi que le "loculus" mentionné ci-après, sont les plus anciens monuments de l'église. Leurs sculptures rappellent les ciselures des bijoux mérovingiens des VII° et VIII° siècles.

 

A droite - Situation actuelle depuis 1853 de la "Pierre des fous",qui a été placée dans l'une des sacristies après la fin des pèlerinages. On remarque que ce qui reste du tombeau représenté sur le dessin de 1826 est plus court que le monument initial, car les deux extrémités, surtout du côté de la nef, ont été sciées afin de dégager de l'espace pour les cérémonies dans le choeur. Les motifs sculptés ont malheureusement été coupés sans précaution particulière. Un escalier aménagé à cet endroit permet d'accéder à la crypte où se trouve le sarcophage de Saint-Dizier dégagé en 1882.

A gauche - Ce sarcophage, qui est sans rapport direct avec les autres monuments funéraires, a été découvert en 1853 lors de travaux dans l’église (sous le clocher). Le corps pour lequel il avait été aménagé avait disparu et le sarcophage avait été utilisé comme ossuaire (il contenait sept crânes humains). Sa forme assez rare dans la région, avec une cavité céphaloïde et un trou d’écoulement, ne permet pas de le dater avec précision mais les XI° ou XII° siècles seraient les plus probables.

 

A droite - Le "loculus" (reliquaire de pierre) à deux compartiments qui a, sans doute, recueilli dans le passé les reliques de Desiderius (Dizier) et de son diacre Regnifridum (Reinfroid). Ce monument semble pouvoir être daté de la fin du VII°siècle. La tradition indique qu’il avait autrefois un couvercle recouvert d’une plaque d’argent, disparu au cours des siècles...

 

En souvenir de la guérison jugée miraculeuse du serviteur Willibert par le saint évêque Dizier avant sa mort, les blessés et malades "de la tête" (de la migraine à la méningite, et surtout les malades mentaux) sont venus en pèlerinage à l'église pendant des siècles, jusqu'en 1850. A cette date, un médecin du voisinage, le Docteur Muston, de Beaucourt, jugeant qu'il s'agissait d'une simple superstition, menaça le curé de porter plainte pour exercice illégal de la médecine et les pèlerinages cessèrent.

 

Pendant des siècles les aliénés sont venus dans le village pendant "une neuvaine" et étaient logés dans l'église et dans le presbytère. Ils devaient suivre un régime alimentaire très strict, et étaient conduits chaque matin à la fontaine du Val, dans le vallon en contrebas de l'église, où ils étaient baignés nus dans de grands bacs de pierre. Cette ancienne installation rustique et hydrothérapique existe toujours. Des prières et exorcismes étaient récitées devant les malades, qui devaient communier chaque matin et passer dans le tombeau du Saint, encore appelé pour cette raison la "PIERRE des FOUS". Les prières qui étaient récitées à cette occasion sont consignées dans un registre manuscrit en latin rédigé en 1684, qui est actuellement déposé au Musée de Belfort (la fragilité de l'encre et du papier ne permettent pas une exposition permanente). Les malades étaient accueillis dans les maisons du village et participaient aux veillées. Chacun d'eux était accompagné d'un gardien, ou d'une gardienne s'il s'agissait d'une femme.

Au hameau du Val de Saint-Dizier, les grandes auges de pierre situées le long d'un mur à coté du vieux lavoir étaient destinées aux bains rituels des pèlerins.

 

Derrière ce vieux lavoir, qui existait déjà en son état actuel en 1893, des installations en pierre de taille, avec des bassins à terre, ont été aménagées à la fin du XIX° siècle et n'ont donc pas pu être utilisées pour les ablutions des malades mentaux venus pour les pèlerinages, car les soins à ces malades avaient cessé vers 1850.

Par arrêté du Préfet de Région en date du 27 octobre 2006, mentionné au "Journal Officiel" du 24 mars 2007, la fontaine-lavoir et l'abreuvoir ont été inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Il s'agit en effet d'éléments importants du patrimoine local, intimement lié à l'histoire du village. La servitude de protection sera annexée au plan local d'urbanisme actuellement en cours de révision.

Selon des avis médicaux récents, cette "cure hydrothérapique", combinée avec la vie au grand air du plateau de Saint-Dizier et la sollicitude des habitants du village était finalement un traitement très rationnel des troubles mentaux, même en faisant abstraction des rites religieux qui l'accompagnaient. Avant de les admettre aux soins, le curé se renseignait sur les antécédents héréditaires et familiaux des pèlerins atteints de folie, comme le font encore aujourd'hui les médecins psychiatres , ceci à une époque où on avait plutôt tendance à enfermer sans ménagement les malades mentaux plutôt qu'à tenter de leur donner des soins ...

L’ensemble ci-dessus regroupe l’école du village, construite en 1841 sur un "terrain d’église" comprenant à l'époque le presbytère, le verger du curé, le cimetière et l’édifice de l’église, avec l’accord des paroissiens de Lebetain qui constituaient avec ceux de Saint-Dizier une "Fabrique" dont le "Conseil" administrait les biens de la paroisse en application d'un décret du 30 décembre 1809 consécutif au "Concordat" du 15 juillet 1801 entre le Pape Pie VII et le Premier Consul Bonaparte. Ces textes sont toujours en vigueur en Alsace proche dans les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, ainsi que dans le département lorrain de la Moselle, car cette région dite "d'Alsace-Lorraine" était hors du territoire français en 1905 lors de la séparation des églises et de l'Etat.

Les deux communes de Saint-Dizier et Lebetain sont devenues propriétaires des lieux en indivision depuis la loi du 9 décembre 1905 et le décret du 6 mars 1906 sur la séparation des églises et de l'Etat, mais se sont séparées il y a quelques années moyennant une redevance symbolique après la construction d'un nouveau lieu de culte catholique à Lebetain en 1959. Une vigne de 35 ares a été plantée sur le terrain de l'ancien"verger du curé " en 1993, en accord avec le Conseil Général du Territoire de Belfort.

Le presbytère est beaucoup plus ancien que l'école et comprend deux bâtiments accolés : à gauche, avec un portail séparé, la "vieille cure", non datée, mais qui comporte dans son sous-sol une ancienne installation de pompe à eau et une grande pierre ronde de la taille d’une meule de moulin avec les initiales "CM" et la date de 1705. Ces initiales correspondent au nom du curé du village, de 1704 à 1749, qui se nommait "Claude Moignat" et avait un vicaire pour l’assister car les pèlerinages des malades mentaux étaient nombreux à l’époque. Le logement de ces pèlerins avait nécessité l’agrandissement du presbytère au XVIII° siècle.

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